Titre original : La Cité de la peur
Année : 1994
Réalisateur(s) : Alain Berbérian
Acteur(s) : Chantal Lauby, Alain Chabat, Dominique Farrugia
Genres : Comédie
Pays unique : FR
Pays de prod. : FR
durée : 99
Tagline : Une comédie familiale.
Synopsis : Odile Deray, attachée de presse, vient au Festival de Cannes pour présenter le film "Red is Dead". Malheureusement, celui-ci est d'une telle faiblesse que personne ne souhaite en faire l'écho. Mais lorsque les projectionnistes du long-métrage en question meurent chacun leur tour dans d'étranges circonstances, "Red is dead" bénéficie d'une incroyable publicité. Serge Karamazov est alors chargé de protéger le nouveau projectionniste du film.
Date de sortie : 1994-03-09
Colorimétrie : C
Genre du réalisateur : M
Nb notes vk : 4548
Importé via Rigolopedia : 1
Modifier L’esprit Canal offrait à la comédie un espace de liberté totale dont la mécanique assez indéfinissable n’a jamais été mieux résumée que dans ce sketch des Guignols avec Alain de Greef... Tant que c’est drôle, tout est permis.
Au cinéma, l’école Canal+, a également vu éclore Michel Hazanavicius donc, mais aussi Edouard Baer, les Robins des bois, Gustave Kervern et Benoît Delépine, et bien sûr... les Nuls. D’ailleurs on sent très fort dans le film l’influence des Nuls. Ça se ressent par exemple dans les dialogues et une manière un peu décalée de manier la langue... («Vas-y faites pas votre pute !»).
Le style des Nuls se caractérise également par la grande variété des régimes d’images utilisés… C’est ainsi que dans La Cité de la peur, on se retrouve sans crier gare au milieu d’une pub Renault ou d’une biographie du commissaire Bialès. Procédé repris dans Astérix Mission Cléopâtre... Et que l’on retrouve logiquement dans La Personne aux deux personnes.
ModifierLa comédie s’appuie en général sur le principe de suspension d’incrédulité. À l’inverse, Les Nuls ne cessent de nous rappeler que le cinéma c’est du flan (enfin vous voyez ce qu’on veut dire),
Les gags s’enchaînent les uns après les autres et peu importe s’ils sont invraisemblables. Les Nuls n’ont pas besoin d’une raison logique pour faire apparaître subitement à l’écran une tasse géante, changer les inscriptions sur un panneau ou téléporter une boucherie dans les sous-sols d’un cinéma. Ce charcutage des règles narratives, on le trouvait déjà en France chez quelques cinéastes à partir des années 50, comme Jean-Luc Godard, Alain Resnais ou Luis Bunuel. Mais l’esprit d’irrévérence des Nuls trouve plus probablement sa source du côté de la comédie anglo-saxonne des années 70, notamment chez Mel Brooks, les Monty Python ou le trio Zucker-Abraham-Zucker dits les ZAZ, qui n’hésitaient jamais à pervertir le réel pour la beauté du gag. Au fond c’est du cinéma, donc c’est pour de faux, du coup tout est permis. Cette liberté, Mel Brooks la revendique en allant jusqu’à faire surgir la réalité dans la fiction.
Dans les années 50, Tex Avery s’amusait déjà à faire déborder ses personnages du monde fictionnel, en interférant sur la pellicule ou en interpellant directement le spectateur. Dans son ouvrage Figures III, le narratologue Gérard Genette appelle ça la METALEPSE, qu’il définit comme le “franchissement de la frontière entre deux mondes, celui où l’on raconte, et celui que l’on raconte”. Ce procédé, que l’on appelle vulgairement le META, est aujourd’hui monnaie courante au cinéma, mais c’est probablement Mel Brooks qui l’a le mieux utilisé. Tous ses films sont parsemés de clins d’oeil au monde extérieur, qui contient aussi bien le spectateur que la caméra ou les techniciens, et même la VHS du film en train d’être tourné. Dans la Cité de la peur, les Nuls ont régulièrement recours à la métalepse, en faisant interférer la caméra dans l’action, en bruitant une séquence à la bouche ou encore en faisant dialoguer la voix off avec les personnages...
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